Biodiversité

La biodiversité est le produit de trois milliards d’années d’évolution ; c’est un patrimoine naturel et une ressource vitale dont dépend l’humanité. 

Notre maison brûle, disait-il…

Nous, notre maison, c’est la forêt, et notre maison est pleine de vie.

Moi, l’oiseau, je vis tout en haut, avec vue sur le ciel ; mes nids je les bâtis dans les branches, dans le creux d’un arbre, sous les buissons. À mon menu chenilles, insectes, bourgeons, baies et graines diverses. Je régule la prolifération des insectes, je dissémine les graines. C’est vrai que je peux m’envoler au dessus de vos flammes, mais où vivre après vos dégâts?

Moi, l’écureuil, ma vie est ouverte sur l’air et l’espace. Vous m’admirez quand je m’élance  avec aisance de branche en branche, balançant ma queue avec grâce. Vous me moquez quand j’accumule glands et autres graines obstinément – en disséminant ainsi les graines, j’aide à la régénération de notre maison. Mes congénères, du mulot au lynx, vivent sur ou sous terre, les carnivores se régalant des herbivores qui décapitent les jeunes pousses. Mais vos incendies nous poussent à l’exil!

Moi, le buisson, j’occupe le rez-de-chaussée, avec les herbes, mousses et champignons : à l’ombre des arbres, nous faisons nurserie, nous protégeons les jeunes pousses et nous abritons une faune très diverse : les oiseaux viennent y becqueter nos baies, les petits rongeurs s’y cachent, que les serpents croquent avec plaisir. Mais nous ne pouvons survivre à vos feux.

Moi, le ver de terre, avec mes amis …., je vis au sous-sol, si riche de racines, de graines, de champignons! Sans nous, la terre serait sèche, pauvre et aride, nous l’aérons, permettant à la végétation de prospérer. Mais nous n’avons aucun moyen d’échapper à vos incendies.


Moi, l’arbre, je fréquente tous les étages. 

Je me réjouis de tous les cris, chants, bruissements de mes co-habitants alors que  ma communication est silencieuse… Avec mes congénères, nous échangeons les informations, lançant des alarmes lorsque votre feu nous mange, réduisant en cendres notre écorce, rongeant nos racines, détruisant le mycélium, «  notre réseau social ». Cet ensemble de filaments relie nos racines, nous permettant ainsi d’échanger les éléments essentiels à notre santé : eau, minéraux et autres nutriments. Vos incendies me font mourir!

Entre printemps précoces, étés caniculaires, automnes absents, nous ne reconnaissons plus nos saisons. Maintenant les cigales stridulent à la Roussille, les oiseaux migrateurs oublient qu’ils doivent partir, rentrant de ce fait en compétition pour la nourriture avec les oiseaux sédentaires! Non contents de nous brûler, vous nous rendez inadaptés à notre environnement. Nous devenons des migrants, les charmes, hêtres et chênes doivent se réfugier au nord, et laisser la place aux pins. A quand une végétation tropicale sur les rives de l’Yzeron?!

Vos habitudes de vie nous menacent tous, nous les vivants de la forêt ; et quand vous nous aurez fait disparaître, alors c’est votre vie qui sera menacée.

Rappelez-vous : notre monde est fait de collaborations croisées, nous dépendons tous les uns des autres. Vous aussi!

communications entre les arbres

Le saviez vous?

 

* Lorsqu’il y a un incendie, les ifs dégagent une molécule pour prévenir les copains qui peuvent ainsi se débarrasser de la résine qui brûle si facilement.

* Les arbres se préviennent que les herbivores arrivent : pas de panique, il suffit de dégager une molécule donnant mauvais goût aux feuilles.